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Il est urgent d'agir, constatent les Vingt-Sept face à la "tenaille" sino-américaine
information fournie par Reuters 12/02/2026 à 14:36

La  vice-présidente de la Commission européenne Kaja Kallas au château d'Alden Biesen, Belgique

La vice-présidente de la Commission européenne Kaja Kallas au château d'Alden Biesen, Belgique

par Julia Payne et Philip Blenkinsop

Les dirigeants de l'Union européenne ‌se sont réunis jeudi dans un château de l'est de la Belgique pour réfléchir aux moyens de parer à la concurrence agressive des Etats-Unis et de ​la Chine non sans cacher leur frustration face à la lenteur de leurs décisions, imputable en partie à leurs propres divisions.

Peu de mesures concrètes sont attendues de ce sommet informel d'Alden Biesen qui pourrait cependant fournir quelques pistes sur la volonté des Vingt-Sept d'accélérer ensemble les réformes visant à réduire les coûts de l'énergie, ​améliorer le fonctionnement du marché unique ou encore accroître la compétitivité du bloc communautaire.

"On partage ce sentiment d'urgence que notre Europe doit agir", a déclaré Emmanuel Macron à son arrivée, le président français s'affichant au ​côté du chancelier allemand Friedrich Merz avec qui les désaccords sur les solutions ⁠envisageables pour relancer la machine européenne sont de notoriété publique.

"Il y a beaucoup de paroles et très peu d'actes, c'est l'occasion d'au moins inverser ‌cette tendance", a abondé le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, son homologue tchèque Andrej Babis résumant la situation encore plus brutalement : "Des mots, des conférences, et aucune action."

"Nous devons constituer un marché unique de l'énergie, c'est la seule solution", a ajouté l'homme d'affaires, ​une idée partagée par de nombreux autres dirigeants alors que ‌l'industrie européenne doit faire face à des prix de l'électricité plus de deux fois plus élevés qu'en Chine ⁠ou aux Etats-Unis.

"Les coûts de l'énergie sont le principal problème de l'industrie européenne à l'heure actuelle", a estimé le Premier ministre belge Bart De Wever.

"Nous ne sommes pas compétitifs et nous risquons de perdre les secteurs de la pétrochimie, de la sidérurgie, de la métallurgie qui sont la base de toute prospérité", a-t-il ⁠dit.

DÉSACCORDS FRANCO-ALLEMANDS

Si tous les pays membres ‌aspirent à davantage de compétitivité, ils ne s'accordent pas sur la manière d'y parvenir, et ce depuis des années, à commencer ⁠par le "tandem" franco-allemand, qui représente les deux premières économies du bloc.

Emmanuel Macron a renouvelé mardi son appel à l'UE pour qu'elle consente à faire davantage d'emprunts ‌communs afin de pouvoir investir à grande échelle et contester l'hégémonie du dollar. La France promeut également une stratégie "Made in Europe" qui fixerait ⁠des exigences minimales en matière de contenu européen dans les biens achetés avec des fonds publics.

L'Allemagne rejette les ⁠deux idées, estimant que la clé réside ‌dans l'augmentation de la productivité plutôt que dans la création de nouvelles dettes. Elle souligne également la nécessité de conclure des accords commerciaux, par exemple avec ​le bloc sud-américain Mercosur, ce que la France refuse en raison de l'opposition de ‌ses agriculteurs.

Jeudi, le président français a souhaité que le sommet européen de juin prochain fasse office de date butoir pour prendre des décisions en commun.

"On va regarder ensemble en juin où ​on en est et sur certains sujets, si on n'avance pas à 27, en se donnant le droit de faire des coopérations renforcées pour aller plus vite", a-t-il dit.

Les anciens chefs du gouvernement italien Mario Draghi et Enrico Letta, auteurs de deux rapports publiés en 2024 sur le défi de la compétitivité ⁠de l'UE et son marché unique, ont été invités à Alden Biesen afin de partager leurs points de vue.

Le rapport de Mario Draghi a été adopté comme modèle à suivre par l'UE, avec une série de propositions de la Commission européenne sur le financement, la défense et la dérégulation depuis septembre 2025.

Cependant, d'après le groupe de réflexion European Policy Innovation Council, seules 15% des 383 recommandations du plan Draghi ont été mises en oeuvre jusqu'à présent, et 24% partiellement mises en oeuvre.

L'ancien président de la Banque centrale européenne a averti que l'Union européenne serait confrontée à une "lente agonie" sans réformes urgentes sur de multiples fronts.

(Jean-Stéphane Brosse ​pour la version française, édité par Kate Entringer)

5 commentaires

  • 15:45

    " l'Union européenne serait confrontée à une "lente agonie" ".... Pourvu qu'elle soit très rapide et décisive.


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